La mondialisation, cad la mise en relation des différentes parties du
monde par l’intensification des flux de différentes natures, mais aussi le
progrès technologique induisent une complexification accrue des systèmes de
production faisant intervenir de multiples acteurs répartis dans des espaces
très divers et souvent éloignés.
E-stoire/geogr@phie
samedi 29 février 2020
vendredi 17 janvier 2020
Chap.3 : la Deuxième République et le Second Empire, une difficile entrée dans l’âge démocratique et leur rôle dans l’unification italienne et allemande
De 1848 à 1870, la France semble
traverser tel un écho la même séquence historique qu’entre 1792 et 1815 :
une expérience républicaine suivie par un coup d’Etat et l’instauration d’un
empire s’achevant par une défaite militaire face à des puissances étrangères.
Pourtant, la deuxième République et le Second Empire ne sont pas que des
soubresauts de l’histoire, si chaque expérience politique traduit la difficile
entrée de la France, elles expriment également des étapes importantes dans la
maturation politique du peuple français. Celui-ci joue par ailleurs toujours un
rôle important dans les projets nationaux européens. En 1848, la révolution
parisienne est en effet le point de départ d’un « printemps des peuples » qui va aboutir notamment
quelques décennies plus tard aux unités italienne et allemande.
Pourquoi, malgré leur échec et
leurs trajectoires contradictoires, la 2e République et le 2nd Empire
traduisent-il des étapes dans la libéralisation de la France ?
Quel rôle joue la France dans la
renaissance de 2 grandes nations européennes : l’Italie et
l’Allemagne ?
jeudi 9 janvier 2020
Correction contrôle type EC3
Les résultats très hétérogènes témoignent que certains élèves sont déjà prêts, d'autres beaucoup moins. Dans ce dernier cas, il ne faut pas désespérer et surtout ne pas baisser les bras. L'important est donc d'analyser vos erreurs en prenant en considération mes remarques sur vos copies et en étudiant attentivement ce corrigé.
mercredi 8 janvier 2020
Chap.2 : La France, la métropolisation et ses effets
La France compte 67 millions
d’habitants en 2019. 4 Français sur 5 habitent dans une ville (en fait 83%) :
la population est très majoritairement urbaine. Aujourd’hui, les villes
structurent le territoire français, mais il s’agit en majorité de villes
moyennes. En effet, la France compte très peu de grandes villes, en dehors de
Paris. En 2018 : 22 millions de Français habitent dans des villes entre 10 et
100 000 habitants.
Le processus de métropolisation à
l’œuvre dans le monde tend cependant à renforcer le
poids de Paris et des plus grandes villes, à l’échelle nationale.
►Problématique
: Quels sont les effets de la métropolisation sur les territoires français, à
toutes les échelles ?
mercredi 4 décembre 2019
Chap.1 (G) : La métropolisation : un processus mondial différencié
En 2019, 55% de la population mondiale est urbaine,
soit 4,2 milliards de personnes. L’ONU prévoit qu’il y aura environ 6,7
milliards d’urbains en 2050 (soit 68% de la population mondiale).
Ce processus d’urbanisation a été très
rapide : en 1900, un être humain sur dix vivait en ville ; en 1950,
la planète ne comptait que 29% de citadins ; en 2007, pour la première
fois, le nombre d’urbains dépasse le nombre de ruraux.
L’urbanisation a favorisé les plus grandes villes.
En 2019, un urbain sur cinq habite dans une ville de plus de 5 millions
d’habitants.
Ces grandes villes, bien desservies par les
transports et qui concentrent les populations, les activités et la richesse, ne
cessent de s’étendre. C’est ce qu’on nomme la métropolisation. Néanmoins, toutes les métropoles ne sont pas
également attractives.
Problématiques :
►Comment
expliquer la hiérarchisation des métropoles dans le monde ?
►Quels
sont les effets de la métropolisation, à toutes les échelles ?
mardi 19 novembre 2019
Correction de la Note sur la Grèce de Chateaubriand
Remarques générales
- Quand vous avez deux documents à étudier, il ne s'agit pas de les étudier distinctement mais de les croiser dans une seule et même analyse. Il faut donc éviter le plan : I/Doc 1 II/Doc2
- L'introduction est courte : vous posez le sujet, vous présentez rapidement le(s) document(s) et vous posez la problématique
- Dans le développement, le raisonnement part du document que vous expliquez à la lumière de faits historiques ou géographiques. Le document n'est pas une illustration du cours. Le cours sert à analyser le document.
- Quand vous avez deux documents à étudier, il ne s'agit pas de les étudier distinctement mais de les croiser dans une seule et même analyse. Il faut donc éviter le plan : I/Doc 1 II/Doc2
- L'introduction est courte : vous posez le sujet, vous présentez rapidement le(s) document(s) et vous posez la problématique
- Dans le développement, le raisonnement part du document que vous expliquez à la lumière de faits historiques ou géographiques. Le document n'est pas une illustration du cours. Le cours sert à analyser le document.
En 1822, les Grecs se soulèvent contre la domination ottomane provoquant une guerre d'indépendance gréco-turque. Une partie de l'opinion publique européenne prend fait et cause pour le mouvement national grec dans un élan philhellène et dans un contexte plus général d'éveil des nationalités. C'est le cas notamment dans la Note sur la Grèce de François-René Chateaubriand publiée en 1825 et dans le tableau de Delacroix, Scènes de massacres de Scio peint en 1824. Dans ces deux œuvres, ces deux artistes romantiques tentent d'éveiller les consciences et de sensibiliser les opinions publiques à la cause grecque. En quoi ces deux documents traduisent donc la diffusion du sentiment national en Europe et l'engagement des intellectuels en faveur de la cause grecque ?
Ces deux œuvres s'appuient tout d'abord sur le dégoût généré par les massacres perpétrés sur l'île de Chios, en mer Egée, par l'armée ottomane en avril 1822. Dans son tableau, Delacroix dépeint les victimes grecques de la répression ottomane : personnes âgées, bébés, hommes, femmes sont présentés aux premier plan. Certaines sont déjà mortes, d'autres en train d'être massacrées (à l'arrière-plan) ou promises à l'esclavage comme la femme dénudée attachée au cheval du cavalier ottoman. Chateaubriand décrit quant à lui des prêtres "pendus", des milliers de grecs "égorgé(s), brûlé(s), noyé(s)" et des enfants vendus "sur les marchés d'Asie". Les deux artistes romantiques témoignent de la violence perpétrées à Chios où 25000 Grecs furent tués et 45000 réduits en esclavage par l'armée turque en réponse au soulèvement national grec. Ce faisant, ils cherchent à alerter l'opinion publique en mobilisant la compassion des Français à l'égard des Grecs.
Ces derniers sont alors engagés dans un mouvement d'affirmation nationale à une époque où les nationalités européennes prennent conscience d'elles-mêmes et de leurs droits politiques en droite ligne avec les valeurs portées par la Révolution française. Bien que non libéral et proche des milieux ultras, l'ancien ministre des affaires étrangères de Louis XVIII est sensible à la cause nationale grecque. Il constate que la nation grecque "n'a point été incorporée en son sein" par la nation turque. Il fait ici sans doute référence au fait que les Grecs n'avaient pas les mêmes droits que les sujets turcs car en tant que sujets chrétiens d'un empire musulman, ils sont soumis à des lois spécifiques comme le devchirmé, impôt du sang obligeant les jeunes hommes grecs à devenir janissaires dans l'armée ottomane. C'est sans doute l'une des raisons de la Déclaration d'Epidaure de 1822 proclamant l'indépendance grecque doublée d'un projet de constitution témoignant non seulement de la communauté culturelle grecque mais aussi de ses revendications politiques.
Ces deux œuvres s'inscrivent enfin dans une veine proprement romantique. Le style de la note sur la Grèce tout comme le tableau de Delacroix témoignent de la violence des sentiments, l'importance de l'émotion propres au style romantique. Chateaubriand cherche à développer un sentiment de proximité, de familiarité avec le peuple grec : celui-ci est associé à l'idée de "civilisation" quand les Turcs sont qualifiés de "hordes sauvages". L'écrivain et pair de France relie la Grèce moderne à la Grèce antique, berceau de la civilisation européenne. Il s'appuie aussi sur une forme de solidarité chrétienne qui doit lier les catholiques aux orthodoxes, "La chrétienté laissera-t-elle tranquillement les Turcs égorger des chrétiens ? " s'interroge-t-il. Ce faisant, il ne peut qu'émouvoir en particulier le roi Charles X alors engagé dans une politique de reconquête religieuse en France. Delacroix comme Chateaubriand font donc partie de ces nombreux artistes et intellectuels romantiques à l'instar de Victor Hugo, Lamartine ou de Lord Byron qui ont également pris fait et cause pour la nation grecque notamment par la création d'un comité philhellènique .
Ces deux œuvres engagées témoignent donc de l'engagement des artistes de l'époque en faveur de l'indépendance grecque, y compris chez un conservateur comme Chateaubriand qui prend bien soin de légitimer la révolte grecque contre l'autorité du souverain ottoman. Au final, la France de Charles X, aux côtés de l'Angleterre et de la Russie interviendront militairement pour soutenir la cause grecque permettant la reconnaissance internationale de l'indépendance de la Grèce en 1830 et approuvée par les Ottomans en 1832.
vendredi 18 octobre 2019
Correction du contrôle sur la Révolution
Remarques générales :
- Il fallait apprendre le cours, certains élèves ne l'ont pas fait donc ils comprendront logiquement leur mauvaise note.
- il fallait comprendre le cours : manifestement certains élèves ont appris des choses mais on eu le plus grand mal à organiser leurs idées et à les exprimer de façon claire signe que l'apprentissage était confus. Il faut sans doute revoir les méthodes de travail (posez-vous la question de votre écoute en classe, des questions que vous ne posez pas, de vos méthodes d'apprentissage : relire un cours ne suffit pas).
- sur le plan des méthodes : il ne s'agissait pas de faire un récit événementiel de la Révolution (ce n'est d'ailleurs pas comme cela que j'ai organisé mon cours) mais de réfléchir sur le sujet. Inutile donc de raconter les journées révolutionnaires. Attention à toujours rester dans le sujet. Vous n'avez pas le temps en 1h de raconter des choses qui n'ont pas un intérêt direct pour l'argumentation : exit les anecdotes ou le détail des événements. Essayez d'argumenter plutôt que de raconter.
Il faut éviter le hors-sujet : certains sont sortis du cadre chronologique (par exemple le Code civil, écrit en 1804, ne s'inscrit pas dans la période 1789-1799).
- Sur le plan rédactionnel : attention aux fautes de français, relisez-vous. Je serai particulièrement pointilleux sur vos efforts en la matière. Pensez aux connecteurs logiques qui témoignent de la construction de votre argumentation. Travaillez votre style, enrichissez votre vocabulaire. Espacez les paragraphes, soignez la copie.
Mon impression d'ensemble est plutôt positive : le sujet et le chapitre étudié étaient difficiles et vous vous en êtes, pour la plupart, honorablement sortis. Vous avez fait dans la majorité un effort d'apprentissage signe de votre sérieux. En partant sur de telles bases, je suis confiant en votre capacité à progresser avec moi cette année.
Corrigé :
De la proclamation de l'Assemblée nationale le 17 juin 1789 au coup d'Etat de Napoléon Bonaparte le 7 novembre 1799, la France traverse une décennie révolutionnaire source de nombreux bouleversements. L'affirmation de la souveraineté de la nation, communauté prenant alors conscience d'elle-même et de ses droits politiques, constitue l'un des principaux acquis révolutionnaires. Mais derrière l'objectif d'unification nationale, on peut se demander quelles en sont les limites.
Tout d'abord, les révolutionnaires français ont eu a cœur, dès le début de la Révolution, d'unifier la nation française. Il s'agit en effet de lui donner des droits car la nation révolutionnaire est une nation de citoyens : c'est ainsi qu'est proclamée le 26 août 1789 la DDHC qui assure l'égalité des citoyens devant la loi, affirme les libertés individuelles et le principe de souveraineté de la nation. L'unification nationale passe par l'intégration de tous les Français quelle que soit leur religion : protestants puis juifs français acquièrent l'égalité civile. La constitution de 1792 abolit la distinction entre citoyens actifs et passifs en proclamant le suffrage universel bien que celui-ci n'ait guère eu le temps d'être véritablement appliqué. L'unification nationale est aussi territoriale par la création des départements de taille similaire, ou temporelle avec la mise en place du calendrier républicain fondé sur une partition parfaitement égale des mois. L'unité nationale est enfin construite par des symboles comme le drapeau tricolore ou la Marseillaise qui s'impose en 1795 comme hymne national.
Toutefois, l'unification nationale n'est pas totale et certains groupes échappent à l'idéal égalitaire. C'est le cas notamment des femmes qui, malgré leur participation actives aux journées révolutionnaires et leur implication politique à l'image des "tricoteuses" jacobines ou de Madame Roland, n'ont pas les mêmes droits que les hommes. C'est ce que dénonce notamment Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la Femme et de la citoyenne de 1791. Les femmes, déjà exclues du droit de vote, sont même écartées de la vie politique à partir de 1793 avec leur interdiction d'accès aux tribunes de l'assemblée et la fermeture de clubs féminins. De même, les noirs des colonies ont eu la plus grande difficulté à sortir du joug de la servitude. Le Code noir de 1685 attribue aux esclaves le statut de bien meuble. Le principe d'égalité qui s'affirme sous la Révolution se heurte alors au principe de droit de propriété également proclamé dans la DDHC. C'est donc au prix de nombreuses révoltes que les noirs arrachent l'abolition de l'esclavage en 1794 mais jamais véritablement appliquée en raison de l'hostilité des colons blancs.
Enfin, la période révolutionnaire est marquée par les profondes divisions du pays le conduisant dans une situation de guerre civile. Les révolutionnaires construisent la figure de "l'ennemi" de la nation. C'est tout d'abord celui de l'émigré, aristocrate exilé, œuvrant contre la Révolution depuis l'étranger. La contre-révolution s'appuie sur le soutien de la population vendéenne à partir de 1793 à cause du refus de la levée en masse de soldats et du soutien au clergé réfractaire. Le camp républicain se divise lui-même à partir de 1793 et de l'arrestation des députés Brissotins. De nombreuses régions basculent dans le camp fédéraliste. En septembre 1793, la Convention vote la loi des Suspects définissant les ennemis de la Révolution : émigrés, fédéralistes, royalistes sont exclus de la nation et pourchassés. La "Terreur" envoie nombre d'entre eux à la guillotine.
En conclusion, on constate que le projet révolutionnaire n'est pas parvenu à unifier véritablement la nation. Pour autant, le principe est là et l'oeuvre révolutionnaire de construction et d'unification de la nation française sera poursuivie par les héritiers de la Révolution au XIXe siècle.
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